Lang Lang a la zen attitude

Lang Lang
Pas de basket, ni de T-Shirt pour le pianiste chinois lundi soir salle Pleyel. Une sobre tenue noire, chaussures luisantes en prime, pour un récital de musique au programme éclectique.
D’un pas lent et tranquille, Lang Lang entre en scène et salue la salle de gauche à droite avec attention. Puis un Schubert (Sonate D.959) pendant plus de 40 mn, pour de “divines longueurs”. Une belle technique pour de bien jolies phrases, même si l’ensemble fût quelque peu transparent.
Après l’entracte, la Sonate Sz.80 de Béla Bartók, telle un cheval au galop. Lang Lang, parfait sur ce répertoire, déploie son arsenal habituel de figures cabalistiques pour habiter le morceau de bravoure du compositeur hongrois : il danse sur son siège et tape du pied avec rage. Même si la musique “dissonante” fait partie de la musique classique depuis presque un siècle, toujours le même ennui, les même soupirs dans la salle dès que le mouvement lent bavarde un peu trop.
Une série de Préludes de Debussy tentent de relancer le débat, notamment Bruyères, aquatique à souhait, mais l’attente du dernier Chopin se sent avec insistance dans la salle - certains semblent ne pas tutoyer les poissons. La fameuse Polonaise op.53 essaie de parachever le tout en beauté. J’avoue l’avoir goutée d’une oreille distraite, tellement rabâchée ici ou là. Bref, une soirée plaisante, sans enthousiasme particulier, même si Lang Lang brilla avec douceur sur une musique de Debussy plutôt inspirée.
A.D.
Salle Pleyel - lundi 27 avril 2009
Franz Schubert : Sonate D.959
Béla Bartók : Sonate pour piano Sz. 80
Claude Debussy : Préludes pour piano Livre II : “Bruyères”, “Feux d’artifice”, “La terrasse des audiences du clair de lune” - Préludes pour piano Livre I : “Les Collines d’Anacapri”, “La fille aux cheveux de lin”, “La cathédrale engloutie”, “Minstrels”
Frédéric Chopin : Polonaise op. 53
