Rafal Blechacz est-il magique ?
On m’a beaucoup parlé du jeune pianiste polonais Rafal Blechacz, vainqueur en 2005 du grand concours international de piano Frédéric Chopin (qui se déroule tous les 5 ans à Varsovie, pour la petite histoire). J’ai finalement voulu en avoir le cœur net, avec un peu de retard je l’avoue tant je fuis si souvent ce qui semble faire l’unanimité.

Rafal Blechacz en train, sans doute, de renouveler l'approche de Chopin - Copyright Felix Broede (DG)
Il suffit d’un soir, d’un disque des Préludes de Chopin acheté à la va-vite sur amazon pour que se produise ce qui arrive rarement il faut bien le dire en musique : un « choc ». Ce timide inconnu possède effectivement dans son jeu un je-ne-sais-quoi de touchant. Son subtil rubato nous tient suspendu à son discours du début à la fin, dans l’attente impatiente de la mesure suivante tant le plaisir qu’il nous donne est grand. Et c’est là que l’on reconnait un très bon disque du répertoire : on ne décroche jamais, aussi occupé que nous pouvons l’être par tant de choses mineures. Oui, Rafal Blechacz captive, ensorcèle et enivre. Tout est fin, mesuré, timide et profond. Chopin nous transperce d’un coup, si proche, si limpide, si évident.
Les conditions d’écoute étaient sans doute idéales (soir calme, sans enfants) et mon état d’esprit propice à ces épanchements solitaires. Néanmoins, si ce pianiste peut nous faire redécouvrir Chopin (et accessoirement me faire gagner de la place dans mon armoire à CD - à quoi bon conserver les autres versions ?), il est urgent de le suivre. Il se produira à Paris l’année prochaine, salle Pleyel (le 14 juin 2010).
Rafal Blechacz
Chopin : Préludes (DG).
2008.
Un Ovni pur et simple.
A.D.


Il est peut-être Chopin réincarné par je ne sais quel miracle. Oui il s’agit bien de magie vous avez raison.
Je partage votre avis; les autres interprètes, même les plus brillants, les references anciennes des plus grands, indetronables, paraissent hors sujet en comparaison..
J’ai assisté au concert de Rafal Blechacz (Rafao Blé Hatch)le 22 février 2010 à Varsovie. J’ai eu les larmes au yeux dans le deuxième mouvement du 2ème concerto de Chopin (dir Anthony Vit).
Pour Chopin c’est bien le terme qui m’est venu : la partition est une chose, l’âme c’est tout !
Je reviens de son concert du 16 juin 2010 à Nohant-Vic où il m’a aussi impressionné dans “Pour le piano” œuvre de 1901 de Debussy.
Il était accompagné de ses parents et de sa sœur : très bien cet environnement familial pour le protéger.
Il vient de sortir un disque où il y a la suite Bergamasque, du Schumann, du Litz et du Szymanowski : le monde est à lui.
Gérard, 67 ans.