La vieillesse a du bon

De la fraîcheur et de la jeunesse, samedi dernier, salle Pleyel

De la fraîcheur et de la jeunesse, samedi dernier, salle Pleyel avec Pierre Boulez à la tête de l'ensemble intercontemporain

Un concert parmi d’autres, samedi soir salle Pleyel, pour la 38ème édition du festival d’automne à Paris. Du beau monde (Pascal Dusapin entre autres) et l’immuable Pierre Boulez à la tête de l’Ensemble intercontemporain, qui, à 84 ans, tient une forme olympique. La vieillesse lui va plutôt bien et la fraîcheur de la musique de Stockhausen - le Fünf weitere Sternzeichen (2007) par exemple, lumineux à souhait -  laissait dans l’air une impression juvénile et badine tandis qu’il parcourait la scène, de gauche à droite, d’un pas alerte et fier. Avec la précision qu’on lui connaît, le Concerto de chambre (1969-1970) de Ligeti fut servi à point et enthousiasma une salle plutôt jeune. J’avoue avoir pensé quelques instants à l’austère Pierre Boulez qui écrivit en son temps Penser la musique aujourd’hui, et le voir, là, de dos, la tête rentrée dans les épaules, diriger avec le plus grand sérieux les Aventures et Nouvelles aventures (1962-1965) de Ligeti, théâtre musical à la limite de l’absurde, fut une belle surprise. La vieillesse, parait-il, est souvent source d’une nouvelle jeunesse. Sans doute riait-il sous cape ce soir-là, comme un enfant.

A.D.

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