Andsnes et Rhode se rencontrent, l’art devient total

Le piano à Papa qui trône au milieu de la scène, la queue de pie et le nœud papillon, c’est bel et bien fini - et c’est tant mieux. Jamais la musique « classique» n’a été aussi jeune. Deux trentenaire se rencontrent et hop, le genre est renouvelé. C’était vendredi dernier (le 11/12/09), au Théâtre des Champs Elysées à Paris. Je n’y étais pas, mais la magie, elle, semblait bien présente.

Leif Ove Andsnes and Robin Rhode, Pictures Reframed (Performance Documentation), 2009

Leif Ove Andsnes and Robin Rhode, Pictures Reframed (Performance Documentation), 2009

Lu sur le figaro.fr.

Révolution des grands classiques vendredi soir, au Théâtre des Champs-Élysées. Il y a bien un piano noir, un maître de la composition et un prodige de l’interprétation, mais aussi un changement radical de décor, pour ne pas dire d’univers. L’art contemporain, dans ce qu’il a de meilleur, apporte son souffle décapant, étonnant, poétique à la musique et à son pouvoir d’évocation immatérielle. Derrière l’énigmatique titre, «Pictures Reframed», se cachent les Tableaux d’une exposition de Moussorgski et la conjonction de deux planètes. Celle du grand pianiste norvégien Leif Ove Andsnes, 39 ans, connu de tous les mélomanes, et celle du vidéaste sud-africain Robin Rhode, 33 ans, magicien poignant de la danse, de l’esquisse et de l’image en mouvement, connu des collectionneurs et autres «curators», ces têtes chercheuses de l’art contemporain.

Par l’union de leurs arts que l’on dit souvent contraires, voici un concert ovni où le dessin et la note, la craie, le fusain et l’harmonie font naître une sensation inconnue à partir d’une partition historique que l’on croyait connaître.

Et en vrai, voilà ce que ça donne :



A.D.

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