Ce soir, j’attendais Madeleine (suite)
Pour continuer sur cette histoire d’inspiration qui me taraude tant (chacun sa marotte), j’ai retrouvé récemment quelques propos de deux illustres compositeurs qui prêteront sans doute à réfléchir sur cette « Madeleine qui ne vient pas » :
Une interview du compositeur américain John Adams tout d’abord, paru dans Le Monde du 13 mars 2010, sous la plume de Renaud Machart :
J’écris de 9 heures à 17 heures avec un pause, si je ne suis pas absorbé par mon travail au point d’oublier de m’alimenter… On fantasme beaucoup la vie d’un compositeur qui attendrait la mythique inspiration devant un beau paysage. Mais l’inspiration ne s’attend pas, elle se cultive dans l’ordinaire du quotidien.
Frédéric Chopin, ensuite, qui aurait dit, selon ses élèves :
Après avoir épuisé toutes les difficultés, après avoir joué une immense quantité de notes et de notes, c’est la simplicité qui sort avec tout son charme, comme le dernier sceau de l’art…
En est-t-on plus avancé ? Sans doute.
S’il m’est arrivé d’écrire de la musique, c’était bien immédiatement après avoir joué (beaucoup) de piano, changé les enfants, donné à manger au dernier, lavé la salle de bains, passé l’aspirateur, bref dans un quotidien des plus ordinaires et non assis au piano, les bras croisés, levant les yeux au ciel, dans l’attente de ce que je ne sais quoi - « appelons le schtroumph », aurait dit Jacques Drillon (De La Musique, Gallimard) - qui n’arrive jamais.
A.D/

… à lire le billet de l’auteur, les tâches ménagères sont source d’inspiration… donc, Mesdames, ne nous privons pas de les partager : c’est pour la bonne cause !
Signé : la compagne d’un artiste