La Barcarolle pour les nuls

O Sole mio
Un titre un peu provoc’ comme celui-là me permettra sans doute d’attirer quelques chalands sur ce blog. Car chers lecteurs, il y a dix minutes, je n’en savais certainement pas plus que vous sur ce genre musical. Et dans ces cas-là, je me fie toujours à mon meilleur allié, j’ai nommé : Le Dictionnaire des Musiques.
Et sur ce thème là, il suggère : « En Italie, il s’agit d’une pièce vocale ou instrumentale, prise dans un mouvement modéré, au rythme toujours ternaire [...] qui suggère, par la répétition constante d’un même rythme de basse, le balancement régulier d’une gondole sur l’eau ». Nous y voilà. J’avais en tête une vague idée d’un chant des bateliers italiens, je suis donc fixé.
Côté musique pour piano, la Barcarolle de Chopin reste l’œuvre la plus connue, il faut bien l’admettre (sans prétention culturelle aucune ; on est un peu dans la base, là). Celles de Fauré, aussi, ne sont pas mal non plus (la Barcarolle n°1 op. 26 notamment). Il est vrai cependant que ma culture pianistique de ce genre musical s’arrêtait là. Mais c’était sans compter sur mon allié de toujours qui m’apprit, en ce beau soir d’avril, que la Barcarolle était la coqueluche des salons parisiens du XIXe siècle. Elle mit à mal la réputation de certains compositeurs qui ne proposèrent apparemment que de la mièvrerie sur ce genre, tels Mendelssohn, Tchaikovski, Dvorak ou encore Massenet (je résume un peu, là). Et d’apprendre enfin que, outre celles de Chopin et les 13 que Fauré a composées, l’opus 108 de Saint-Saëns et celle « extraite des cinq pièces qui composent Im Freine de Bartok » seraient les seules dignes de ce nom.
Toujours est-il que j’ai participé pour CLASSICA à une écoute en aveugle de la Barcarolle de Chopin. Et c’est comme pour un dégustation en aveugle du crus bordelais : au bout du 10e verre, on n’y comprend plus rien. Heureusement, nous n’avions que 12 interprétations différentes et les résultats sont, comment dire, surprenants.
[Lire le compte-rendu de l'écoute en aveugle de la Barcarolle de Chopin]
Côté disque, je ne vous en conseillerai qu’un seul, celui de Fauré par Kun-Woo Paik : plus qu’un choc.
Gabriel Fauré
Noctures, Barcarolle, Préludes, Ballade etc.
Kun Woo Paik (piano)
2001
Decca
A.D.
