Nicholas Angelich peut (vraiment) mieux faire
La première fois que j’entendis Nicholas Angelich en concert, c’était il y a quelques années au théâtre des Champs-Elysées, un soir où il remplaça au pied levé Leif Ove Andsnes sur le 2e concerto pour piano de Rachmaninov. Je me souviens de la façon dont il se jouait des silences pour jamais ne perdre ses auditeurs. Je me souviens de ces ppp à la profondeur abyssale qui faisaient chavirer toute une salle sur trois notes. Je me souviens enfin de ce Nocturne de Chopin qu’il avait donné en bis, à l’exquise finesse.
Un grand pianiste, excellent également sur Brahms et ses pièces tardives. La joie d’écouter Nicholas Angelich interprétant le pharaonique 2e concerto pour piano de Brahms - qu’il joue depuis son adolescence - fut aussi grande que l’orchestre de la Radio de Francfort dirigé par Paavo Järvi m’apparut démesurément massif et dense. Au final, Nicholas Angelich n’en est hélas que plus effacé, et le disque laisse une désagréable impression d’inachevé, une sorte de « peut mieux faire » irrésolu et sans saveur.
La critique de ce concerto par Nicholas Angelich et l’Orchestre Symphonique de la Radio de Francfort est parue dans le magazine CLASSICA n°122 de mai 2010 et disponible en ligne, sur le site de CLASSICA.
Concerto Pour Piano N°2
Klavierstücke Op.76
Orchestre Symphonique de la Radio de Francfort, Paavo Järvi
Virgin Classics. 2010.
74′37
Note classica : **
Arnaud Drillon

