Ca sent la fin de règne
Il flotte dans l’air du temps comme un petit vent frais de renouveau. Avant, on chuchotait certaines choses. Tout ne pouvait être dit. Maintenant, on ne les chuchote plus. On les dit un peu plus fort, souvent, encore sous le manteau, parfois, mais on les dit quand même.
Pire, on les écrit, aussi. Et dans Le Monde, s’il vous plait. Le papier de Renaud Machard du 30 mai 2010 sur l’hommage rendu par l’Orchestre de Paris et l’Ensemble intercontemporain, les 27 et 28 mai, Salle Pleyel, à Pierre Boulez pour son 85e anniversaire se passe de commentaires : L’hommage à Pierre Boulez s’est transformé en un concert “cauchemar“.
Outre les problèmes techniques de ce concert, c’est surtout de l’avenir de la musique dont il est question. Fini la langue de bois et le politiquement correct de la musique bien pensante ?
Après avoir sillonné les chemins de son XXe siècle (qui, il va sans dire, ne comprend, pour la partie la plus récente, ni musique consonante, ni minimaliste, ni spectrale - ne parlons pas du jazz, qu’il déteste), Pierre Boulez a créé deux oeuvres de jeunes compositeurs peu connus, Jean-Baptiste Robin (né en 1976) et Helen Grime (née en 1981). C’est courageux. Mais ces pièces étaient conventionnellement ancrées dans une sinistre esthétique d’avant-garde “fin de siècle”.
Nous revoilà donc dans le débat de l’avenir de la musique - pas nouveau pour un sou, ceci dit - mais relancé il y a peu par Jérôme Ducros dans la revue Commentaires : Y-a-t-il une musique après la musique contemporaine ?
Il s’annonce passionnant.
A.D.
