Le feu sacré
Une salle de spectacle à Paris. Un piano, une bougie, deux chaises et une femme habillée en homme, qui se promène sur une scène. Cette femme, c’est George Sand, socialiste avant l’heure, passionnée, entière, qui fume le cigare et emprunte des noms d’homme pour mieux exister en ce XIXe siècle où seuls des hommes peuvent être écrivains. Au piano, c’est Chopin, vous savez le petit pianiste, frêle comme un roseau, malade comme un chien durant toute sa vie, génial, si génial qu’on en pleure encore aujourd’hui.
Et qu’est-ce qu’elle nous raconte, cette femme ? Eh bien, leur histoire, tout simplement. Celle d’un grand compositeur pour piano, nostalgique de sa Pologne natale, et d’une grande romancière, indépendante, libre. Ils se sont aimés comme des artistes, dix ans durant. Elle nous dévoile son regard de femme sur le compositeur, au travers de lettres où elle parle de son “Chip-Chip”, qu’elle nous lit avec une infinie douceur : leur rencontre, leur voyage désastreux à Majorque, leur vie entre Nohant (la maison de campagne de Sand) et Paris, leur passion et leur séparation pour une histoire peu claire entre Chopin et Solange, la fille de George - une histoire non crapuleuse, juste d’amitié ou d’amour père-fille, c’est comme on veut. Le tout entrecoupé de musique jouée au piano - et Chopin joue si bien : des valses, des mazurkas, une étude (la révolutionnaire), des préludes, un bout de la 3e sonate, le 2e scherzo et surtout la 1ère ballade.
Le plaisir des oreilles, du piano aux mots. C’est si simple.
George Sand, c’est Macha Méril ; Chopin, c’est Marc Laforet et ça se passe au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Courez ! Il y a de la poésie, beaucoup de piano (chaque pièce - ou presque - est jouée en entier), de la générosité et le vrai bonheur de Macha Méril d’être sur scène.

Le Spectacle "Feu sacré" avec Macha Meryl
Feu Sacré - Pièce concert
Théâtre de la Porte Saint-Martin
18, Boulevard Saint Martin
75010 Paris
30 représentations exceptionnelles à partir du 2 février 2009, les dimanche 18h30 et lundi 20h.
A.D.
