Ce soir j’attendais Madeleine
En lisant l’interview du pianiste croate Ivo Pogorelich parue ce mois-ci dans Classica, je ne peux m’empêcher de penser à tous ces jeunes compositeurs que je croisais lors de ces cours du soir chez I** à Paris.
Compositeurs de l’ombre, en proie aux doutes d’un talent révélé tardif, ils menaient, comme je l’ai fait et le fais encore, une double - voire une triple - activité professionnelle et artistique. Ils y venaient apprendre l’harmonie, l’écriture et le contrepoint, et cherchaient des clés pour comprendre ce qu’ils appelaient l’inspiration. Comme pour essayer de la capter, de la retenir un peu plus longtemps lorsqu’elle daignait se présenter, voire de la provoquer. C’est hélas peine perdue, tant impuissant que nous pouvons l’être face à cette maitresse insaisissable, face à celle qui n’est jamais à l’heure, à laquelle on est soumis comme à un tyran, à qui on apporte des lilas en attendant le tram 33, à celle dont l’absence nous laisse aussi livide qu’une page blanche, bref à une amante redoutable.
Quelques extraits de cette interview :
On a demandé un jour à Picasso s’il croyait à l’inspiration. Il a répondu : “Bien sûr ! Généralement, elle me vient après huit heures de travail“. Il faut inviter cette inspiration et donc travailler dur. C’est encore cette idée de dévotion que j’évoquais tout à l’heure [...]
Et de poursuivre :
Les génies ne sont pas limités par l’époque, l’âge ou la distance. Il faut ouvrir les portes qui mènent à l’univers de ces génies. La seule clé que l’on peut utiliser, c’est le travail. C’est le secret [...] Le succès est la conséquence, pas le but.
Bref, les p’tits gars, il faut travailler et inventer le concept des compositeurs qui se lèvent tôt - ou ceux qui ne se couchent pas, au choix. Dans tous les cas, il faut prendre le temps de rêver. Et surtout jouer du piano, encore et encore, et improviser, toujours. Ça finira bien par arriver, l’inspiration. Même si Karol Beffa m’a un jour confié ne jamais utiliser (ou si peu) ses improvisations dans ses compositions - ce qui m’a toujours troublé.
Et pour finir avec Pogorelich (c’est pour la petite histoire car ça n’a rien à voir avec mon propos) :
J’appartiens à une école de pianistes qui remonte à Beethoven ou à Liszt. Je suis le septième pianiste après Beethoven et la cinquième après Liszt dans cette lignée.
Ah, modestie, quand tu nous tiens…
A.D.



Amis parents, vous qui êtes à la recherche désespérée d’une musique pour les petites oreilles qui vous accompagnent, cette brève est faite pour vous. Une publi-brève plus qu’une brève d’ailleurs, mais sans intérêt aucun de ma part.
Il y a des musiques comme ça, qui s’accordent particulièrement bien à la mélancolie de certaines journées automnales. Ainsi, les Mazurkas de Chopin, choisies ici par le pianiste français 












Je n’ai pas eu la chance de rencontrer 
